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La revue de presse d'octobre

Parce que tout le monde n’a pas toujours le temps de se tenir informé·e sur tout ce qu’il se passe dans le champ de la santé mentale étudiante, Nightline vous propose chaque mois un récapitulatif des dernières actualités sur le sujet.

Pandémie de Covid-19 : un impact durable sur les étudiant·e·s et leur santé mentale

Six mois après le début du premier confinement, la situation sanitaire continue de peser sur les étudiant·e·s, alors que des mesures de protection de la population particulièrement impactantes pour les jeunes sont mises en place.

D’une manière générale, la pandémie augmente les risques de dépression et d’anxiété sur l’ensemble de la population, mais encore plus chez les étudiant·e·s. C’est ce qu’on montré les premiers résultats de l’étude Confins, décryptés dans Sud Ouest par le chercheur Christophe Tzourio. Dans Le Monde, le psychiatre Frédéric Altger alerte sur les effets néfastes de l’isolement sur les jeunes, et en particulier sur les néo-bachelier·ère·s qui ont vécu une rentrée dans l’enseignement supérieur bouleversée. France TV Info s’intéresse également au sujet, en interrogeant un étudiant sur son expérience de la situation sanitaire, ainsi que Florian Tirana, président de Nightline France, sur la hausse du nombre d’appels à la ligne d’écoute.

Le première mesure mise en place par le gouvernement ce mois-ci pour tenter de lutter contre la propagation du virus dans les universités a été d’imposer, dans les zones d’alertes maximales et renforcées, une limite des capacités d’accueil dans les universités. Cette décision a fait couler beaucoup d’encre, comme sur Europe 1 où des étudiant·e·s ont dénoncé une mesure jugée inefficace. Les principales critiques ont également porté sur le risque accru de décrochage scolaire et sur la fracture numérique qui pénalise certain·e·s jeunes, comme montré ici par BFM TV.

Peu après cette première mesure, le gouvernement a annoncé un couvre-feu dans certaines zones, de 21 h à 6 h du matin. Emmanuel Macron a reconnu que cette décision serait particulièrement difficile pour les jeunes, déclarant la phrase devenue culte depuis :

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 ».
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Sur Actu.fr, des étudiant·e·s ont raconté leur frustration face à cette mesure et leur sentiment d’être pointé·e·s du doigt par les pouvoirs publics. D’autres ont témoigné des mêmes difficultés sur L'Étudiant, expliquant leur impression d’être abandonné·e·s à leur sort.

Nouveau rebondissement le 28 octobre : cette fois, Emmanuel Macron déclare le retour du confinement, et par conséquent la fermeture des établissements d’enseignement supérieur, alors même que la Conférence des Présidents d’Universités demandait à éviter cette mesure quelques jours plus tôt dans Le Figaro Etudiant.

Beaucoup ont affirmé leur regret de voir les universités fermer. C’est le cas de Thomas Clay, administrateur provisoire de l’université Paris 1, qui témoigne de sa tristesse sur France TV Info. Mais les premier·ère·s impacté·e·s restent les étudiant·e·s, comme Luca, étudiant en droit à Nanterre, qui confie à RTL être plus inquiet pour ce confinement que pour le premier.

Des professionnel·le·s de santé mentale appellent également les étudiant·e·s à prêter attention aux signes d’alerte, à l’image de Marie Rose Moro, enseignante en psychiatrie, qui confirme au Figaro Étudiant les propos du président de la République : c’est dur d’avoir 20 ans en 2020. C’est aussi l’opinion de Frédéric Altger, qui témoigne aux côtés de trois étudiant·e·s des conséquences de la crise sanitaire sur leur santé mentale, dans une vidéo Brut relayée ici par France TV Info.

En dehors des risques liés au reconfinement, d’autres problèmes touchent bon nombre d’étudiant·e·s actuellement, à l’image des difficultés à trouver un stage ou une alternance. 20 Minutes explique ainsi que cette période de formation professionnelle obligatoire dans de nombreux cursus est devenue cette année un véritable parcours du combattant. Et pour celles et ceux qui en trouvent, la situation n’est pas pour autant optimale, loin de là. Ainsi, comme l’explique France 3 Régions, les étudiant·e·s infirmier·ère·s s’inquiètent, à l’heure où on leur demande de nouveau d’effectuer des stages en tant qu’aide-soignant·e·s pour une indemnisation très faible. Cela avait déjà été le cas lors de la première vague de Covid-19, déclenchant une flambée de dépression et de troubles de l’anxiété chez cette population. En médecine également, les stages peuvent devenir une source de troubles psychologiques : deux jeunes médecins ont ainsi rédigé une thèse, présentée par Le Monde, sur les violences diverses subies par les étudiant·e·s en médecine pendant leurs stages, alors que 31 % des futur·e·s professionnel·le·s ont déjà eu des idées suicidaires.

Enfin, la crise sanitaire est également un révélateur, voire un accélérateur de précarité étudiante. Les jeunes diplômé·e·s rencontrent ainsi plus de difficultés à trouver leur premier emploi, et certain·e·s confient au Figaro Etudiant avoir été contraint·e·s de refaire une formation afin d’éviter le chômage.

L’image du mois d'octobre 2020

 

 

Précarité étudiante : un niveau jamais atteint auparavant

La hausse de la précarité étudiante est également un point qui a été soulevé à plusieurs reprises par les rédactions en ce mois d’octobre 2020. Le Covid-19 a empiré la situation, comme le montre le Huffington Post en se concentrant sur les étudiant·e·s qui n’ont pas pu trouver de job d’été cette année, et sur celles et ceux qui doivent payer un loyer, souvent cher, alors que leurs cours se font à distance.

Ces difficultés financières peuvent mener les jeunes à des situations très difficiles. Ainsi, Ouest France nous parle de la difficulté qu’ont certain·e­·s à se loger, alors qu’à Nantes, par exemple, 14,5 % des étudiant·e·s n’avaient pas trouvé de logement à la rentrée. C’est également le cas d’Alpha, étudiant d’origine guinéenne, qui suit son cursus universitaire à Toulouse et vit de squat en squat depuis des années. Il raconte son parcours à France 3 Régions. Toujours à Toulouse, le même média nous apprend que des étudiant·e­·s sans abri ont été contraint·e·s de manifester pour faire valoir leur droit au logement.

Si des solutions, résumées par L'Étudiant, ont été mises en place, le nombre de jeunes en difficulté financière continue d’augmenter, et est dénoncée par les syndicats étudiants, qui demandent dans France 3 Régions de réels investissements dans l’enseignement supérieur et le CROUS.

Car les risques de laisser s’installer la précarité sont nombreux et certain·e·s se tournent vers des solutions parfois radicales. C’est le cas par exemple de ces étudiantes, qui racontent aux Echos Start leur choix de recourir à la prostitution pour subvenir à leurs besoins et financer leurs études.

Assurer la sécurité de tou·te·s sur les campus : une question de santé mentale

S’il est déjà dur d’avoir 20 ans en 2020, faire partie d’un groupe discriminé n’arrange pas les choses. Ainsi, ce mois d’octobre a vu la publication de deux rapports qui montrent qu’il reste encore des progrès à faire pour que les établissements d’enseignement supérieur puissent être réellement vus comme des lieux où la sécurité de tou·te·s est assurée.

On commence avec cette enquête, dévoilée dans Le Monde, qui montre qu’une étudiante sur vingt en France a déjà subi un viol, et qu’une sur dix a été victime d’agression sexuelle. Les faits sont principalement commis par d’autres étudiant·e·s, et parmi les raisons invoquées à ces chiffres, on retrouve la consommation d’alcool et l’effet de groupe. Dans La Dépêche, une psychologue spécialiste du sujet revient sur cet effet de groupe et le cadre dans lequel ont généralement lieu les agressions sexuelles. Enfin, France TV Info revient sur ces chiffres en donnant la parole aux étudiant·e·s. La FAGE, syndicat étudiant, dénonce ainsi le manque de communication des établissements d’enseignement supérieur sur les services dédiés aux victimes. En effet, alors que la majorité des étudiant·e·s souhaitent que le problème soit pris en charge par les établissements, les services existants restent encore très méconnus.

Autre communauté, même problème d’insécurité : le Caélif, comité d’associations LGBT+, a rendu publiques ce mois-ci les conclusions de son étude sur l’inclusion des jeunes LGBT+ au sein des universités. Décryptée par AuFéminin, l’étude montre que si les étudiant·e·s concerné·e·s estiment globalement que leurs universités sont plutôt sûres, beaucoup subissent encore divers types d’attaques LGBT-phobes qui vont de l’injure à l’agression physique. Or, Le Monde nous explique également que des risques particuliers guettent les étudiant·e·s LGBT+ en cette période compliquée par la pandémie. Pour ces jeunes, les années d’études sont souvent l’occasion de s’émanciper de contextes familiaux parfois difficiles. Mais, cette année, beaucoup sont contraint·e·s de rester dans leurs cercles familiaux et ne peuvent plus profiter des associations de soutien pour rencontrer leurs pairs et parler de leurs difficultés.

Rédacteur·rice : Allisson Haas
Publié le 30/10/2020 à 17h35
Dernière mise à jour le 10/11/2020 à 00h44