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Un nouveau rapport de Nightline sur la prise en charge de la détresse étudiante

Au lendemain du premier tour des élections législatives, Nightline publie son deuxième rapport de plaidoyer pointant le manque de ressources d’aides psychologiques à destination de la population étudiante. Alertée par l’état de détresse des étudiant·e·s, l’association Nightline France a publié le 14 juin un rapport de plaidoyer, accompagné d’une tribune sur le Monde.fr, destiné à interpeller les pouvoirs publics, le nouveau gouvernement et la nouvelle Assemblée nationale très prochainement élue.
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étudiant à son bureau

Un constat alarmant : la santé mentale étudiante se dégrade

Nightline France constate au quotidien une dégradation de la santé mentale étudiante à travers son service d’écoute dédié aux étudiant·e·s, sollicité plus de 10 000 fois sur l’année universitaire 2021-2022. Une tendance confirmée par l’Observatoire de la vie étudiante : 43 % des étudiants sont en détresse psychologique contre 29 % avant la pandémie (Source : Observatoire de la vie étudiante, 2021). Pour autant, moins de 1 % des étudiant·e·s ont eu recours aux « chèques psy » proposés par le gouvernement (Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur, 2022) et seul·e·s 4 % ont pu consulter leur service de santé universitaire ou bureau d’aide psychologique universitaire.

Des réponses gouvernementales mal calibrées aux besoins de la population étudiante

Malgré le recrutement de 80 psychologues, les services de santé universitaires sont encore et toujours saturés par la disproportion entre l’offre et la demande, comme en témoignent les effectifs d’un équivalent de temps plein travaillé (ETPT) de psychologue universitaire pour près de 14 889 étudiant·e·s, soit dix fois moins que les recommandations internationales qui prévoient un ETPT pour 1 000 à 1 500 étudiant·e·s (Source : The International Accreditation of Counseling Services - Statement regarding recommended Staff to Students Ratios).

Le dispositif Mon Psy récemment entré en vigueur complexifie le parcours de soin et de prévention, ce qui peut s’avérer dissuasif pour un certain nombre d’étudiant·e·s., ne permettant pas un accès gratuit et graduel aux soins. En effet, 22 % des étudiant·e·s préfèrent gérer par eux·elles mêmes leur santé mentale et 52 % considèrent qu’il est décourageant de devoir passer par un médecin généraliste pour être adressé·e à un·e psychologue et d’en avancer les frais (OpinionWay 2022 pour Nightline).

« En 2020, il y a d’abord eu neuf mois blancs avant que l’Etat n’agisse. Des efforts ont ensuite été faits, avec l’annonce du chèque psy et de l’embauche de 80 psychologues dans les facs, mais cela reste très insuffisant face à l’ampleur de la détresse. »
- Florian Tirana, président de Nightline France

Nos recommandations : définir une stratégie nationale pour la santé mentale étudiante

Dans son rapport de plaidoyer, Nightline France compare la réponse française à celle d’autres pays, comme le Canada, l’Irlande ou encore la Belgique. Le constat est sans appel : il est urgent d’agir pour garantir une offre de soin gratuite, accessible et graduelle.

Nightline France propose ainsi de :

● Définir une stratégie nationale pour la santé mentale étudiante. Cette stratégie appelle l’installation d’un Secrétariat d'État chargé de la mettre en œuvre.

● Recruter des psychologues universitaires, renforcer et pérenniser les dispositifs existants avec une hausse des budgets alloués aux services de santé étudiante. 

● Augmenter le remboursement de la consultation, revoir le processus d'adressage par le médecin généraliste, qui peut constituer un frein à la consultation par la population étudiante.

 

Rédacteur·rice : Lucile Regourd et Isaure Mercier
Publié le 08/06/2022 à 12h33
Dernière mise à jour le 15/06/2022 à 16h26